
Cette Monastella gisait dans un pré, derrière un garage et subissait en plus des
crues de la Saône, les coups de fusil des chasseurs bredouilles. J'en ai fait l'acquisition
sans conviction : elle a le même âge que moi et cela me chagrinait de la voir ainsi.
A partir de ce jour-
La première année, fut consacrée à remettre en état le châssis et la mécanique. Évidemment tout fut remonté dans le moindre détail et reconstruit avec remise à neuf. Le moteur pour commencer, il n'était pas gelé et j'ai eu la chance de trouver 6 pistons cote réparation. Un réaléseur rectifia les cylindres et le vilebrequin, régula les bielles et m'ajusta l'ensemble. Roder des soupapes neuves était alors un jeu d'enfant et mon échange standard était prêt.
Les pignons de la boîte et du pont baignaient dans un cambouis digne de l'Erika, les dentures ne semblaient pas avoir d'usure anormale. Tous les roulements furent changés. Le disque d'embrayage regarni, tout comme les segments de frein. Pas de problème hydraulique, les freins sont à tringles !
Au niveau du palonnier de frein, suppression des jeux en remplaçant les axes. De même au niveau de la suspension, les 3 ressorts à lames ont été refrappés pour effacer leur affaissement et un tourneur m'a refait les axes. Bien sûr le démarreur, la dynamo, le carburateur Solex, le boîtier de direction à vis ont été remis en état.

Monastella de 1932
par Jean Velu



Après avoir sablé et repeint le châssis aux couleurs de l'époque, (vert moteur et
gris le reste), le tout a été ré-
Assis sur une caisse, je n'ai pas résisté à parcourir mon chemin sur 2 fois 100 mètres. Tout fonctionnait !
Le temps avait détruit tout ce qui ressemblait à du bois. Mais il restait les boulons,
les ferrures de renforcement des assemblages et les tôles 10/10, en dentelles dans
les parties basses, mais qui permettaient de recueillir la forme de la voiture. J'ai
donc fabriqué des gabarits pour la forme extérieure d'une part, et d'autre part,
le blocage des boulons rouillés en position serrée me donna l'épaisseur des morceaux
de bois. Il ne restait plus qu'à débiter les morceaux de bois selon les essences
(de préférence frêne pour les parties longitudinales, hêtre pour les arrondis) et
à faire les assemblages. Les passages de roues arrière sont arrondis autour de la
roue, mais sont aussi galbés sur le plan longitudinal et vertical pour donner l'élégance
à la forme de la voiture. Comme il n'y a pas d'arbres dans la forêt ayant cette forme
qui se rapproche d'une hélice tordue, j'ai construit des demi-
Les portes aussi étaient mi-
À l'aide des tôles réparées, du couvercle de malle et de la ceinture de caisse en aluminium (dont le losange LR et le numéro de référence 5463828 sont frappés sur l'envers) qui sert de parement sur la voiture finie, j'ai pu reconstituer le volume des arrondis autour de la lunette arrière et du coffre. Vinrent les arrondis du pavillon et quel bonheur ensuite de voir cette caisse en bois avec la forme de cette future voiture
À l'époque, le pavillon était tendu de grillage à poule. J'ai respecté la tradition,
mais ai rajouté par-
Arrivait la peinture. Au fur et à mesure des fabrications, je préparais les fonds, mais la peinture est l'œuvre d'un professionnel. Nous avons choisi une couleur d'origine et après de nombreuses finitions, "Mena" a fait son tour d'honneur au mois de juin. Grâce à l'intervention du CAR elle est maintenant immatriculée et reprendra la route dès les beaux jours de 2003.



Je n'ai pas le tempérament collectionneur au sens propre du terme. J'ai reconstruit cette voiture pour le plaisir et je ne m'en suis jamais lassé. Lorsque j'avais un problème, je laissais le temps passer et allais vers autre chose.
Je souhaite autant de bonheur à tous les "CARistes".
Jean VELU ©2003
